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La liberté d'expression à géométrie variable : il y avait les journalistes, nous avons maitenant les "journaleux" craintifs pour leur carrière et leur petit confort matérialiste. Que ne feraient-ils pas pour sauver leur FERRARI !

Vous noterez le ton irrespectueux que monsieur ARDISSON adopte envers DIEUDONNE, le sommant pratiquement de s'excuser avec une menace évidente : "Je ne vous inviterai plus" lance-t-il à la figure de DIEUDONNE, resté calme et digne. Le "juge" ARDISSON affiche clairement qu'il roule pour les puissants de ce monde. C'est proprement scandaleux de voir ça en France ! Peut-on descendre plus bas ?


***

Décidément, en France, cracher à la figure de personnalités, telles que M. DIEUDONNE, sans permettre à celles-ci de se défendre, n'effraie plus grand monde.

 Ma réponse à Mme Clémentine CELARIE, que j'aime et que j'adore, à M. Guy BEDOS qui, tout comme moi, est de là-bas, et à M. Bruno SOLO dont la conduite m'a tristement surpris.


Ma réponse : voir dans le forum

***


Sir, this is for you, if you have a bit of humanity

 
L'idéologie de l'administration BUSH est d'exploiter le terrorisme à des fins de terroriser la planète et de justifier ainsi sa politique expansionniste et impérialiste.
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La Liberté, dites-vous ?
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Autant en emportent les "Elé-Vents"
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par Moualek Touhami
Dimanche 11 mai 2008

Ces deux pays auraient tant à se dire, tant à faire ensemble : dommage, quel gâchis !





Un hélicoptère de combat volait bas, passant dans un ciel bleu azur resplendissant. Seules quelques tâches intruses blanchâtres maculaient la voûte céleste suspendue au-dessus de ma tête. Par miracle, ce ciel ne me tombait pas dessus. Le bruit de l’hélicoptère m’effrayait ; un cauchemar ! Grand-mère était proche, assise dans une pièce conservée fraîchie grâce aux volets entrebâillés et à l’imperméabilité des murs étanches construits de granit et de terre. Je courus me réfugier auprès elle. Elle était adossée contre le mur, dans une pénombre, un clair-obscur doux et reposant. Elle comprit mon effroi, perçut mes craintes ; aussi, elle m’ouvrit grand ses bras pour m’accueillir comme on accueillerait son bien-aimé. La tendresse qu’elle m’offrit suffit à dissiper en moi toute persécution, toute agitation intérieure due aux tumultes et aux horreurs qui se déroulaient dehors, à deux pas, lorsque j’entendais des chargeurs de fusils mitrailleurs se vider et libérer leurs douilles jaune ocre.

Dehors, mère, en compagnie de mes jeunes tantes, s’activait à cacher, à recouvrir de végétaux et divers branchages une voiture. Le véhicule ne devait en aucun cas être aperçu du haut du ciel par les occupants de l’hélicoptère, au risque d’attirer leur attention.

« Ne t’inquiète pas fiston, l’hélicoptère survole les environs et repartira aussitôt », me dit grand-mère, tentant d’atténuer les frissons qui s’emparaient de tout mon être.
 

Puis, le bruit de l’hélico baissa, s’éloigna progressivement, cessa de gronder, disparut dans un ciel toujours immoblie. Une fois de plus, j’étais pris d’une terreur, d’une peur bleue dont les effets marqueront mes souvenirs pour le restant de ma vie, et me poursuivront, ressurgis en des cauchemars épouvantables. Prévenu dans des cris de désespoir, de désarroi, père s’était enfui, rejoignant de hautes collines, de l’autre côté d’un oued proche de notre maison. Depuis le début de la guerre d’Algérie, il était recherché par l’armée française. Je connaissais l’endroit où il était caché, terré en compagnie d’autres frères d’armes. Je l’avais, un jour et tout à fait par hasard, vu sortir de sa cache. L’endroit était tout proche de chez-nous. Grand-mère se doutait de quelque chose. Inquiète, elle tint à ôter le doute. Un matin, elle m’avait interrogé :

« Fiston, sais-tu où se cache ton père ?

-  Bien sur ! répondis-je naturellement.

-Tu peux me montrer l’endroit exact ? » demanda-t-elle habilement.


Naturellement, je pris grand-mère par la main, la conduisit précisément là où se terraient père et ses camarades. Affolée, grand-mère se tourna vers mère et lui lança :

« A la moindre patrouille qui passerait, par Dieu ! éloigne ton fils et prends garde qu’il n’ait aucun contact avec les soldats français ; inconsciemment, il vendrait son père pour une tablette de chocolat ou de chewing-gum ».
 

En effet, j’avais sept ans à peine. Que pouvais-je, à cet âge, comprendre de cette sale et ignoble guerre coloniale ? Une guerre qui allait durer huit années et semer haine et souffrance dans toute l’Algérie. Et lorsque des soldats venaient vers moi, tendant une barre de chocolat, me demandant si je savais où père se cachait, mère, sentant le danger, me prenait dans ses bras, me pinçait discrètement à la cuisse. La douleur me faisait hurler. Me voyant pleurnicher et pensant que cela était dû à la peur du soldat en uniforme, les Français m’épargnaient. Grand-mère et mère étaient enfin soulagées. Père l’avait encore échappé belle.
 

Puis d’images affreuses en images laides et vilaines d’une enfance, que j’aurais aimée paisible et quiète, nous nous acheminions vers une inéluctable indépendance de l’Algérie. Le Grand Charles de GAULLE, faisant fi de toutes les pressions politiques et militaires adressées par les voleurs de mémoire, habitant l’Algérie comme habitent les nomades le temps d’une nuitée un coin de désert, ordonnait un référendum ; sans surprise, le peuple algérien votait pour son droit à l’indépendance. Joies pour les uns, peines pour les autres, ainsi l’histoire en avait décidé en ce mois de juillet 1962. Et je n’avais toujours pas atteint mes sept ans.
 

Vêtu d’un habit militaire et d’une casquette vert foncé, père paradait avec l’armée algérienne, celle qui avait arraché, au prix de ses tripes, de son courage et de sa pugnacité, au prix de sacrifices humains qui forcent le respect et l’admiration, l’indépendance à des colons, des pieds-noirs qui luttèrent jusqu’au bout, jusqu’à la dernière minute, becs et ongles. En vain. Que peut-on opposer à un peuple lorsque celui-ci se lève et se bat pour sa liberté, sa dignité, son honneur ? Rien. On ne peut que passer sa route, son chemin, comme un fleuve glisse de ses eaux vers la mer, sa destinée fatale. Les drapeaux vert et blanc, frappés du croissant de lune et de l’étoile à cinq branches, m’apparaissaient par milliers. Je ne comprenais toujours pas ce qui se passait. Mais en voyant père et mère heureux, grand-mère radieuse, je ressentis comme un vent de liberté, comme une espèce de douceur, une clémence d’un temps qui venait enfin de changer de face passant du noir au blanc, couleurs des dernières images conservées dans ma mémoire de cette triste période endeuillée, souillée et martyrisée à jamais. Je n'entendis plus les fusils mitrailleurs, ni les hélicoptères, ni ne vis de patrouilles.
 

J’apprendrai plus tard, de la bouche de mère, que grand-père était mort, abattu d’une balle dans le dos par de lâches individus. Qui pouvait affronter grand-père de face ? Personne n’était de taille à lui tenir tête. Il ne restait aux couards que la traîtrise pour accomplir leur sinistre besogne, leur lugubre dessein : abattre un homme quand celui-ci a le dos tourné. Quelle traîtrise ! Quelle lâcheté !
 

J’avais quelques semaines, lorsque grand-père me prit dans ses bras et implora :

« Souris-moi au moins une fois, que je voie ton sourire avant de partir ; des lâches, des traîtres ont juré ma perte ! »
 

Selon mère, je lui souris effectivement. Et il partit ravi ; ravi d’avoir un petit-fils ; ravi d’avoir laissé un fils en âge de se battre pour la liberté, la justice et la paix ; ravi d'avoir été grand-père d'un garçon, même pour quelques jours.

Aux voleurs de mémoire, il faut que ceux-ci sachent qu’on ne peut voler leur mémoire aux braves ; on peut tout juste égratigner leurs souvenirs, le temps d’une halte dans le royaume de leur grand courage. Il y a des citadelles qui sont imprenables, celles gardées par les clés de la foi, de la volonté de se surpasser pour un idéal, un choix : celui de rester ce que l'on est, de simples hommes, de simples femmes, éternelles créatures  sentant les vents souffler, la pluie tomber, et travaillant la terre pour en tirer sa nourriture : la vraie vie. Les Fellahs sont ceux qui ont réussi, ils ont su sauvegarder la grandeur et l'innocence de leur âme.
 

Et moi, je rejoignis, en Octobre 1963, le pays de Jean-Paul SARTRE, celui qui écrivit, dès 1955 : « l’Algérie n’est pas la France ».  Et depuis, nous ne sommes plus quittés.


 

Touhami Moualek

Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père - France de mon enfance
éditions OSMONDES


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par Moualek Touhami
Vendredi 2 mai 2008

A quand la paix ?




Cela fait soixante ans que l’Etat d’Israël a été créé. Ce que Moïse ne put accomplir malgré tout son dévouement et sa foi en Dieu l’Unique et Eternel, l’organisation des Nations Unies (ONU), instrument politique fabriqué par les puissances de ce monde pour le compte des seuls puissants (qui peut le contester ?), l’accomplit le 30 novembre 1947, en adoptant la fameuse résolution 181. Le 14 mai 1948, David Ben GOURION proclamait la création officielle de l’Etat juif d’Israël. Larmes de joie pour les Israéliens, larmes de douleurs et de deuil pour les Arabes palestiniens. Une page terrible, avec des conséquences incalculables pour l’humanité, s’écrivit au lendemain de la fin d’une tragique seconde guerre mondiale. Pendant que les Européens pansaient encore leurs plaies, saignées et infligées par Adolf HITLER, né le 20 avril 1889 à « Braunau am Inn », en Autriche, un autre peuple plongeait dans un long calvaire : le peuple palestinien. Un calvaire qui continue aujourd’hui au moment même où j’écris ces quelques lignes. Comment ne pas imaginer que la naissance d’un mal : le nazisme, inspiré par le national-socialisme hitlérien, aurait, en mourant, donné naissance à un autre mal, celui des Palestiniens ? La bête serait donc morte en accouchant d’un autre monstrueux conflit, celui du Proche-Orient.
 

Désunis et désorganisés, face à des forces israéliennes motivées, entraînées et soutenues par les puissances occidentales, qui avaient à cœur de se racheter d’un holocauste transcrit de manière indélébile dans la conscience collective humaine et déroulé en territoires européens, les Arabes perdront la guerre de 1948. Israël va encore et toujours augmenter ses superficies, des lopins de terre en plus gagnés centimètre par centimètre. Alors que les Juifs vont affluer par dizaines de milliers vers cet Etat-refuge, offert avec la bénédiction des puissances dominantes, dès 1947 plus d’un million de Palestiniens (chrétiens et majoritairement musulmans) devront, eux, fuir leur maison, abandonner leurs biens, spoliés et mis à la rue par les nouveaux locataires, dont le contrat de bail, à durée indéterminée, avait été remis par les instances dirigeantes du Conseil de Sécurité. Le plan d’occupation des sols sera définitivement scellé, lorsqu’en 1967, à la suite de la guerre des six jours, les pays Arabes, une fois de plus dans l’incapacité d’agir de concert et de s’organiser, face au monde occidental tout entier, perdront cette nième guerre. Littéralement humiliés, les Arabes vivront une des plus terribles pages de leur histoire contemporaine, quand les Israéliens surarmés et soutenus par les plus grandes puissances militaires (dont la 6e flotte américaine) leur infligeront une défaite retentissante ; certains diront que le leader et charismatique égyptien Gamal Abdel NASSER en mourra de chagrin. J’étais jeune ; je me souviens de ces immenses foules qui pleuraient au passage du cercueil de NASSER. Des images diffusées en noir et blanc ; des images qui ont marqué des générations entières, dont la mienne. Pour une fois, le monde arabe était uni mais dans la douleur, la peine, la honte et un profond ressentiment.
 

En 1973, pendant que les Juifs célébraient leur traditionnel et rituel Yom Kippour, Egyptiens et Syriens lançaient une vaste offensive contre Israël, tentant de récupérer les territoires occupés. Les Egyptiens traversaient le canal de Suez rapidement et entamaient une vaste percée dans le Sinaï occupé par les Israéliens depuis 1967. Les Syriens, eux, visaient la récupération du plateau du Golan, également occupé par Israël. Ils échoueront. Mais une nouvelle fois, les Israéliens seront secourus par leurs alliés américains. La déroute israélienne fut évitée de justesse et Israël s’offrit même le luxe de contre-attaquer. Même si Anouar El Sadate ne gagna pas à proprement dit cette nouvelle guerre, il infligea néanmoins des pertes considérables à Israël et prouva au monde arabe que Tsahal n’était pas invincible. L’honneur était sauf. Réorganisés et plus solidaires entre eux, les Arabes vont faire connaître aux Occidentaux leur premier choc pétrolier. Le pétrole devint ainsi une arme et permit aux nations Arabes de se hisser sur la scène politique. Un embargo sera décrété sur les pays alliés d’Israël, dont notamment les Pays-Bas qui, aujourd’hui, font encore parler d’eux, s’agissant d’islamophobie et d’intolérance envers le monde musulman.
 

Paradoxalement, Anouar El Sadate qui rendit sa fierté aux Arabes en conduisant intelligemment, avec son compère le syrien Hafez el-Assad, la guerre du Kippour, fut le premier chef d’Etat arabe à signer la paix avec l’Etat hébreu et à se rendre en Israël où il tint un discours à la Knesset. En signant cette paix, Sadate signait également son arrêt de mort. Le Président égyptien sera abattu, le 6 octobre 1981, par un commando de fondamentalistes musulmans, lors d’un défilé militaire au Caire. Successeur de Gamal Abdel Nasser en 1970, Sadate était âgé de 62 ans. Les pays arabes l’avaient désigné comme étant le « chien traître ». A son enterrement, 4 Présidents américains étaient présents (Reagan qui était en fonction, Carter, Nixon et Ford), mais aucun chef d’Etat du monde arabe ne fit le déplacement. Tout un symbole ; un cinglant désaveu du monde arabe qui n’avait jamais accepté que l’Egyptien (Pris Nobel de la Paix) pût signer un accord de paix avec l’ennemi juré : Israël. Anouar El Sadate était-il en avance sur son temps, ou avait-il commis une erreur de jugement en pactisant avec Israël ? Difficile de répondre à cette question. Les douleurs et les souffrances dans le monde arabe semblaient encore trop fraîches, trop récentes pour permettre de comprendre l’option prise sur la paix par Sadate. C’est mon explication personnelle. Enrico MACIAS, fanatique de Tsahal et ouvertement néo-sioniste et pro-israélien sans demi-mesure, dédiera une chanson à Sadate : « un berger vient de tomber ». Hypocrisie ou sincérité ? L’Algérien et Constantinois de naissance est seul à le savoir.
 

Aujourd’hui, Israël revendique sa légitimité du fait de sa création par la volonté de la communauté internationale, mais ne respecte aucune loi internationale et a trouvé, en l’extensible et sempiternel droit à sa sécurité, une occasion en or de n’agir qu’à sa guise. Ainsi, d’une occupation militaire, en 1967, Israël est devenu une puissance coloniale refusant de restituer les territoires occupés. Il y a bien eu le retrait de GAZA en 2006, hyper médiatisé et retransmis en direct dans le monde entier pour donner une image démocratique d’Israël. En fait, ce retrait n’a été qu’un leurre, une nouvelle ruse n’engageant à rien, puisqu’en définitive les palestiniens ne jouissent d’aucune liberté de mouvement, d’aucune liberté de manœuvre ; les navires de guerre, canons pointés sur GAZA, et les chars alentours israéliens veillent toujours au grain, prêts à intervenir si besoin, en terrain conquis. A la moindre alerte, même supposée, au moindre incident, même mineur, Israël boucle tout et administre une punition collective aux Palestiniens, asphyxiant et affamant les « Gazaouis » particulièrement. Dernièrement, sous l’égide du Président américain Jimmy CARTER, de hauts responsables du Hamas (qui tient GAZA) ont affirmé qu’ils étaient prêts à négocier avec Israël et qu’ils renonçaient à la lutte armée. Dès lors que l’on accepte de discuter avec Israël c’est que l’on reconnaît cet Etat. Eh bien, non. Les dirigeants israéliens ont dit leur scepticisme et estimé que ces gestes de bonne volonté de la part du Hamas étaient insuffisants. Rappelons également que le Hamas est autorisé à parler au nom du peuple palestinien puisque démocratiquement élu par celui-ci.
 

La solution adoptée par les dirigeants israéliens et qui consiste à gérer ce conflit sur la durée, espérant ainsi exterminer le peuple palestinien à petit feu et le forcer à un exode, est un choix à haut risque. Militairement, Tsahal est aujourd’hui dans l’incapacité de protéger ses territoires sans l’aide extérieure des puissances étrangères, dont les Etats-Unis d’Amérique. Et ce cordon ombilical sera, un jour ou l’autre, sectionné net. Politiquement, l’Etat d’Israël n’est toujours pas admis et rentré dans l’esprit de ses voisins directs, dont évidemment les peuples arabes. La remise en question de l’Etat d’Israël trouve de plus en plus d’échos auprès de personnes qui en ont assez de ce conflit. Régner par la force plutôt que par la raison suppose que l’on est soi-même soumis aux incertitudes et aux pressions de sa propre force. Une force qui fatalement cessera un jour d’exister, battue par une autre force. Et le monde arabe évolue, certes lentement, mais il évolue, à termes, vers une unité. Cela ne fait aucun doute. Son ciment refondateur : l’islam.
 

Israël aurait dû jouer à fond la carte de la paix avec les Palestiniens, en tenant compte que ceux-ci sont forcément lésés puisqu’ils n’ont rien demandé à personne. Or, en jouant constamment le pourrissement, en brandissant le glaive comme unique garantie de sa survie, en appliquant la règle héritée de l’empire britannique : diviser pour régner, en faisant du peuple palestinien un peuple martyr, avec toutes les conséquences possibles (kamikaze, attentats suicides, terrorisme, etc.) Israël nuit à sa propre survie, mais surtout fait courir au monde entier un risque d’un affrontement entre monde musulman et monde chrétien. On peut légitimement se poser la question de savoir si finalement tel n’était pas le but dès le départ, surtout lorsque l’Administration BUSH a révélé au monde entier son plan démoniaque de « l’axe du mal contre l’axe du bien ».  Qui incarne le bien et qui incarne le mal ? Qu’est-ce que le bien et qu’est-ce que le mal ? Il n’est jamais bon pour un homme de se substituer à Dieu.
 

Les Israéliens fanatiques, intégristes et haineux vont certainement célébrer cet anniversaire avec leurs seules idées noires et obsessionnelles, brodées de deuil, de voir tous les Arabes exterminés ; ils l’ont dit, ils l’ont scandé, c’est tout leur sinistre projet ! Les Israéliens juifs et modérés vont fêter cet anniversaire avec des larmes ; des larmes amères leur rappelant qu’ils sont, soixante après, toujours obligés de s’emmurer et de vivre confinés, dans des camps, pourchassés, traqués, toujours rattrapés par leur destin ; un destin biblique ! Qui peut fuir Dieu, qui peut échapper à la volonté divine ?

Je crois personnellement qu’Israël s’est habitué à la guerre et en a fait son quotidien, sa raison d’être ; la guerre comme moyen d’existence, comme moyen d’influence dans le monde. Alors la paix lui fait peur, elle est devenue son ennemie, sa hantise, son pire cauchemar. Et quant la paix devient un adversaire, c’est non seulement la guerre qui triomphe, mais c’est aussi et surtout avouer sa propre défaite, son échec face à la vie et à l’espoir, face à l’amour et au pardon ; c’est reconnaître que l’on vit et vivra éternellement dans l’incertitude du lendemain ; et finalement, n’est-ce pas là une spécificité du peuple hébreu ?

 

 

"La guerre est facile à l'homme animal ; la paix est plus difficile : elle s'apprivoise"

 

Touhami Moualek

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par Moualek Touhami
Dimanche 20 avril 2008





Le monde arabe :
 

Les pays arabes ont été longtemps colonisés. Les peuples arabes ont été bafoués, exploités et résignés à subir le colonialisme et ses crimes commis au nom d’une supériorité d’une civilisation sur une autre. Les Arabes durent composer avec l’occupant pour un temps en attendant la révolte qui aboutira fatalement sur une indépendance (le Maghreb en est une illustration parfaite). Aujourd’hui, le monde arabe est composé de pays riches (monarchies artificielles bâties sur des gisements de pétrole explosifs), et des pays moins riches mais aspirant également au développement économique et humain.
 

Nous savons qu’il existe un gigantesque fossé entre les masses arabes populaires et leurs dirigeants quant aux opinions politiques affichées par les uns et les autres ; les Arabes de la rue exhibant un panarabisme et un arabisme revendiqués, affichés et ardemment voulus. Quant aux dirigeants et (très souvent) despotes arabes, ces derniers sont des dictateurs n’ayant qu’une hantise en tête, celle de se voir renverser un jour ou l’autre par un coup d’Etat surprise.
 

Que peut-il se passer à l’avenir ? C’est très simple. Ces masses populaires arabes expriment une telle extrême volonté de vouloir ériger un monde arabe capable de s’imposer sur la scène internationale, que cela finira par arriver, c’est pratiquement fatal. Comment cela se produira-t-il ? Ces courants populaires arabes finiront par faire émerger en leur sein des leaders qui auront les idées des masses arabes et qui porteront ces idées sur la scène politique en ayant à cœur de voir ces idées se concrétiser, car ces nouveaux leaders arabes auront la volonté, la foi et l’envie d’exprimer leurs voix tues par les puissances occidentales depuis des siècles et des siècles. Tout ce qui fait défaut aux dirigeants arabes d’aujourd’hui, plus préoccupés par leurs comptes personnels en Suisse, sera l’atout majeur de ces nouvelles générations, avec lesquelles il faudra désormais compter, c’est-à-dire la fierté, l’honneur et la dignité. Le puzzle du monde arabe a été tant éparpillé et dispersé, tant entrecoupé et entredéchiré, tant combattu et humilié, qu’il faudra beaucoup de temps pour le reconstituer, mais cette entreprise de réparation et de réhabilitation est en cours et a déjà fait d’énormes bonds en avant. Le monde arabe et musulman n’a évidemment pas dit son dernier mot. Peut-être MM Tony BLAIR et Georges W. BUSH l’ont-ils, en exécutant Saddam HUSSEIN le jour d’une des principales fêtes musulmanes, enterré un peu trop vite. Vanité et orgueil des Occidentaux.

 

Paris, la Chine et les Jeux Olympiques :
 

La manipulation des Tibétains (notamment par les services secrets américains), en tant que vulgaires pions sur l’échiquier mondial, a été établie et commentée par nombre d’observateurs qui ont eu le courage de le dénoncer et que je salue au passage. Souvenez-vous, c’était après la première guerre du Golfe en 1990. Saddam HUSSEIN venait d’être défait. Profitant de ce « léger » flottement du raïs irakien, les Kurdes tentèrent de revendiquer une autonomie, poussés là aussi par le Pentagone qui y voyait un moyen de renverser Saddam HUSSEIN sans trop se mouiller. Que s’était-il alors passé ? L’armée irakienne avait maté les rebelles kurdes dans le sang et les Américains ainsi que leurs alliés n’avaient pas levé le moindre petit doigt pour secourir les pauvres kurdes. Et si les Tibétains en venaient également « aux mains » avec les Chinois, je crains pour eux que l’histoire ne se répète : les Américains laisseront faire. Auront-ils d’ailleurs d’autre choix que d’appeler les Chinois à la retenue ? Bien sûr que non.
 

C’est la règle : le CIO (Comité International Olympique) a confié l’organisation des jeux de 2008 aux Chinois. La Ville de PEKIN (BEIJING en chinois) a été choisie. C’est ainsi, on n’y peut rien. A ma connaissance, de tout temps, y compris durant la guerre froide, les athlètes du monde entier ont toujours instamment invité les dirigeants du monde entier à ne pas mélanger le sport et la politique. Or, ce que nous avons découvert avec stupéfaction, lors du passage de la flamme olympique en France, c’est exactement le contraire : non seulement la flamme a été prise en otage ainsi que les malheureux porteurs, mais en plus on a délibérément mélangé sport et politique. Je n’ai aucun doute à affirmer que nous avons manqué de respect envers la Chine et les Chinois. La réaction de ces derniers, lorsqu’ils manifestent une certaine hostilité envers l’Occident et la France particulièrement (le top du départ de la flamme a été Paris), était prévisible. Dans cette histoire la France donne des leçons en matière de droits de l’Homme, mais la France oublie de se retourner et de regarder sa propre histoire. Qui a le monopole des droits de l’Homme ? Qui peut dire je suis un exemple pour le reste de l’humanité en termes de droits de l’Homme ? La France ? Les Etats-Unis d’Amérique ? Le Royaume Unis ? Je vous en prie, laissez-moi rire!
 

La dernière trouvaille du champion olympique, et non moins talentueux, David DOUILLET a été ce badge sur lequel est inscrit : « Pour un monde meilleur ». Qui peut se désolidariser de cette formule et de la bonne intention du judoka français ? Pas moi, en tout cas. Mais ce geste, aussi louable soit-il, est un acte politique et contribue par conséquent à politiser les jeux. Pourquoi avoir attendu l’échéance des jeux et le passage de la flamme olympique à Paris pour afficher cette intention de voir un monde meilleur ? Mettons-nous à la place des Chinois. Ils se sentent accusés. Cela signifie, pour eux, que nous estimons que la Chine est en dehors de ce monde meilleur auquel nous aspirons tous. Ce slogan accuse directement la Chine et c’est bien ainsi que les Chinois l’ont interprété. Leur réaction ne s’est pas fait attendre. En ce qui me concerne, et je ne dois pas être seul, je pense que l’idée d’un tel badge a été une faute. Une telle initiative peut se concevoir dans une démarche politique, pas dans une démarche sportive. Ou alors il faudrait le faire dans un contexte neutre et surtout pas au moment des JO. Car cette grandiose manifestation planétaire est la seule qui rassemble les cinq continents et les rapproche culturellement et humainement. Pourquoi donc nous gâcher d’un tel plaisir, d’un tel rêve, d’une telle entreprise humaine ? C’est un véritable couac français. L’avenir des Tibétains passe par un dialogue qui soit responsable et constructif avec les autorités chinoises.
 

 

La France et sa liberté d’expression à double « clique » :
 

Nous savons qu’il existe des populations françaises, notamment celles des banlieues pauvres : les déshérités de la République, qui n’ont accès à aucun média traditionnel et de manière générale aux canaux d’expression à l’échelle nationale : presse, télévision, radio. Je fais partie de ces populations et je me sens, comme beaucoup, à l’abandon, radié de la république, oublié des institutions et prié de me taire au risque d’encourir le courroux des puissants. La menace des tribunaux plane ; la terrible sanction des juges chargés de rappeler à l’ordre les brebis égarées est, en ces temps incertains, palpable. Le droit d’expression se range, en France, du côté des forts, ce n’est pas nouveau. Les faibles ont le droit de s’exprimer aussi, mais dans les cales, dans les bas-fonds de la République, dans les couloirs des pas perdus, voire des balles perdues ; il ne faut pas qu’il y ait trop d’échos à leurs plaintes, leurs souffrances, leurs jérémiades. Liberté d’expression ? Une feinte des puissants.
 

Cela me conduit à parler du site Internet LBS (La Banlieue S’exprime). Voilà, en vérité, une initiative, de la part de son Président Ahmed, qui donne la parole aux frustrés, aux interdits de plateaux télé, pour cause de vérités à ne pas dévoiler, aux interdits « bancaires » pour cause d’infortune, aux exilés d’un temps qui ne leur est en rien favorable. Et voilà que ce site est traité de site antisémite. Que devrions-nous dire de tous ces sites islamophobes qui prolifèrent à la vitesse de la lumière ? Passons, ce n’est pas le sujet. De manière, je le pense tout à fait honnêtement et sincèrement, anodine et sans aucune arrière pensée, Ahmed a relayé un article qui se trouvait sur le site ultra communautariste « oumma.com » et qui évoquait les discriminations des Français issus de l’immigration dans le milieu du barreau. Rien de méchant. Dans cet article apparaît, sur deux ou trois lignes, le nom d’une avocate. Plutôt que d’appeler le Président de LBS et de lui demander de retirer et article la mettant en cause, l’avocate en question a porté plainte en diffamation contre Ahmed. Cela avait abouti à une perquisition au domicile d’Ahmed, puis à une convocation illico presto à Strasbourg pour une mise en examen confirmée, comme s’il y avait eu mort d’homme. Sans le sang froid et l’honnêteté des gendarmes, la perquisition aurait pu mal se terminer. Imaginez le traumatisme des enfants ! Avouez que cela s’apparente à des pressions politiques plus qu’à une affaire de diffamation qui d’ailleurs reste à prouver. Et c’est surtout le premier auteur qui aurait dû être visé. En effet, pourquoi l’avocate n’a pas porté plainte contre les dirigeants de « oumma.com » ? Je pose juste la question. Je note d’ailleurs que l’article a été supprimé de ce site. Solidarité quand tu nous tiens… On n’est jamais mieux trahi que par les siens, c’est bien connu. Toujours des mots, des mots et des mots ; jamais des actes, des actes et des actes.
 

Alors, lecteurs et lectrices de mon blog et du site de LBS (dans lequel on apprend plein de choses intéressantes pour sa culture générale personnelle ; tout le problème est là !) j’en appelle à votre soutien, à votre solidarité envers Ahmed et à votre vigilance quant à cette précieuse liberté d’expression que l’on voudrait bien nous confisquer. Il est inutile de rappeler que dans cette histoire, il faudra faire appel aux services de personnes compétentes et que cela à un coût humain mais également financier. LBS est aujourd’hui visitée par quelques 6000 à 7000 personnes par jour. On comprend donc l’inquiétude de certains occupants de la stratosphère.

 

« Le roi n’est pas celui qui est assis sur le trône ; le Roi est celui qui occupe le trône. »

 

Touhami Moualek
 

Auteur de : La Déchirure – Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions OSMONDES : disponible sur tous les sites Internet de vente en ligne

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par Moualek Touhami
Dimanche 30 mars 2008

Quel enfant mérite un tel sort ?



Touhami Moualek : Le conflit du Proche-Orient, telle la Shoah, ne peut être comparé avec nul autre conflit du fait de ses aspects politiques et de son caractère international : c’est en effet la communauté internationale qui a procédé à la création de l’Etat d’Israël. Qu’elle l’assume !

 



Nous avons hérité avec « comme d’habitude », de Claude François (le chanteur égyptien) d’un tube planétaire. Selon la SACEM, cette chanson passe au moins une fois toute les minutes à travers le monde. Et nous avons également hérité d’un autre grand tube, celui-ci plus macabre, plus insupportable parce que des millions de personnes y ont trouvé la mort, je veux bien sûr parler de l’holocauste (la Shoah, en hébreu). Il ne se passe pas, en effet, une minute sans que l’on nous parle de la shoah, que ce soit à la radio, à la télévision, dans les journaux et à l’école.

 

Nous avions aussi l’échelle graduelle sismique dite de RICHTER servant à mesurer la magnitude des séismes. Selon les spécialistes, cette échelle logarithmique est obsolète puisque ne servant qu’à estimer les tremblements de terre californiens. Cependant, dans les médias, les tremblements de terre significatifs sont évalués par rapport à cette « échelle ouverte de RICHTER ». Et la magnitude 9, exceptionnelle lorsqu’elle est atteinte, signifie qu’il s’agit de secousses extrêmement violentes dues à une énergie libérée tout à fait considérable. Les dégâts ne sont pas forcément proportionnels à l’ampleur du tremblement de terre, mais plutôt en fonction des lieux géographiques du séisme.  Plus il y aura d’habitants dans les zones touchées, plus le nombre de victimes sera important. Mais pourquoi, me demanderez-vous, parler d’échelles, de chansons, de séismes et de la Shoah ? Voyez la suite et vous comprendrez l’imbrication et la collusion entre science, politique et show-biz.

 

Et aujourd’hui, nous avons une nouvelle échelle servant, celle-ci, à déterminer les souffrances humaines. Moins scientifique que celle de RICHTER, elle est par conséquent plus malléable, plus adaptable aux circonstances, aux faits historiques passés. Y aurait-il dans la conscience humaine une quelconque possibilité de hiérarchiser les souffrances, sans enfreindre les règles morales prétendant que toute douleur, tout malheur soient insupportables à l’être humain, contraignant ce dernier à endurer des maux nous obligeant à compatir ? C’est ce que l’on appelle la commisération, la compassion : sans éprouver les douleurs physiques subies par la personne concernée, nous en ressentons néanmoins une douleur morale autant intense et violente que celle vécue par la victime. Cette nouvelle échelle des souffrances est graduée selon plusieurs niveaux : les génocides, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre, par exemple. Ensuite, il y a des sous-catégories : extermination, déportation, déplacement, exécution, meurtre, etc. ; les listes sont longues.

 

Dans cette nouvelle échelle, il y a le trophée des trophées, celui que nous brandissent, tel un veto, les pros de l’instrumentalisation politique ; j’évoque bien sûr la Shoah et les calvaires, les supplices qu’elle fit subir aux malheureuses victimes. Car nous affirme-t-on haut et clair : « Vous pouvez brandir tous vos génocides, vos crimes de guerre et crimes contre l’humanité réunis, jamais vous n’atteindrez le niveau d’inhumanité produit par la Shoah, parce que nous, les Juifs, nous avons été exterminés sur le seul fait que nous étions des Juifs. » Imparable ! Nous n’avons, pour l’instant, rien trouvé de mieux. Et s’il ne s’était agi de millions de pauvres victimes sacrifiées au nom de la folie et de la barbarie sanguinaires des hommes, nous nous serions tous, depuis fort longtemps, soulevés contre cette honteuse instrumentalisation d’une telle tragédie de l’histoire.

 

Mais voilà, la culpabilité, la honte, les remords ont donné une telle dimension émotionnelle que celle-ci sacralise littéralement la Shoah, interdisant à quiconque le droit même de se poser des questions. Les interdits engendrés par la Shoah sont comparables à ceux d’une religion et condamnent toute tentative de vouloir la désacraliser ou la dédramatiser. Parce qu’il a été décidé, une bonne fois pour toutes, qu’il était moralement mal de discuter, de critiquer, de pouvoir même émettre quelques réserves sur cette surexploitation de la Shoah, non plus sur un plan mémoriel, ce qui est légitime et naturel, mais à des fins politiques, sociologiques et scolaires. La Shoah est partout, mais il est tabou d’en parler. Elle est constamment à l’ordre du jour, mais il est interdit d’en débattre. Elle est sans cesse documentarisée, portée à l’écran, mais il est interdit de se la représenter autrement que l’originelle, la copie conforme sous peine de tomber sous le coup de la loi sur le copyright. Mêmes les Historiens reçoivent pour ordre de s’en tenir aux textes de loi, véritable autel ; cette loi qui reprend, défend, autorise et châtie à sa guise, selon ses humeurs. Il y a là, je pense, comme une censure, une réprobation imposée à notre droit fondamental d’expression, de critique, de liberté de jugement individuel. Notre intégrité morale est violentée, obligée de s’en tenir aux seuls faits reconnus et légalisés. Rien d’autre. Il est proscrit de commenter, de discuter, de poser des questions. Parce que, nous dit-on : « Jamais terribles malheurs, catastrophes abominables et monstrueuses, abjectes et inhumaines, semblables à la Shoah n’ont été infligés à des humains. » Certes, mais faut-il sans cesse le rappeler, le marteler ? La crainte que l’on oublierait ces atrocités, ce qui ne peut être le cas, expliquerait de tels acharnements ? Je ne le crois pas. Drame humain et tragédie sans commune mesure au départ, ce qui était amplement suffisant pour que nous nous en souvenions à jamais, la Shoah est devenue par la suite une arme politique, un alibi. Et le show-biz va également y aller de ses couplets : films, chansons, poésies, récits, romans etc. vont se succéder.

 

L’Occident, au sortir de la guerre et après que les sionistes eurent préparé le terrain, au sens propre et au sens figuré, donnera son aval pour la création d’un Etat refuge pour tous les Juifs de la Terre. Cet Etat juif sera avalisé par le conseil de sécurité en 1948. Les pays arabes étaient pour la plupart colonisés, sous protectorat ou occupés, ils ne prirent donc pas part au vote. Enfin, l’Occident va pouvoir dormir tranquille : sa dette envers un peuple qui fut exterminé et anéanti a été acquittée. Les vœux des sionistes ont été exaucés au-delà de leurs espérances et avec la bénédiction des principales puissances de l’époque, d’ailleurs toujours les mêmes, à part l’URSS désagrégée depuis par la fameuse perestroïka, une restructuration de l’empire soviétique à la Mikhaïl GORBATCHEV. Le bonheur des uns faisant le malheur des autres : les innocents Palestiniens vont payer un prix exorbitant, inestimable face à la horde des sionistes qui vont immédiatement s’implanter en maîtres, déniant au peuple palestinien le droit élémentaire d’exister et de s’exprimer. Et comble d’injustice, les Palestiniens n’ont même pas participé à la seconde guerre mondiale. Armée par les puissances militaires occidentales, et bénéficiant de toutes les logistiques possibles et imaginables, de l’aide des plus grands stratèges militaires que comptent l’Europe et les Etats-Unis, l’armée israélienne infligera au monde arabe une défaite, en 6 jours ; une défaite que Gamal ABDEL NASSER portera comme on porte un deuil pour l’éternité. J’étais très jeune à l’époque et déjà j’entendais ce slogan crié à tue-tête par les étudiants juifs de France : « Rien NASSER de courir… » Mon sens de l’humour inné me permit de me résigner, sans trop comprendre ce qui se passait sur le terrain. Dès lors, l’Etat israélien ne se retirera plus des territoires occupés, et cela malgré les innombrables injonctions et les résolutions votées à l’ONU et le priant instamment de restituer ces territoires aux Palestiniens. Faisant fi de toute résolution votée à leur encontre, les dirigeants israéliens, au nom d’une sécurité devenue leur nouvelle Table de loi, n’en respecteront aucune. Que peuvent craindre ces derniers puisqu’ils ont, rangées de leur côté, les puissances dominantes ? Rien si ce ne sont quelques remontrances hypocrites appelant à la retenue. Ce deux poids deux mesures fera de l’ONU une organisation discréditée, souvent conspuée et régulièrement remise en question. Ce conflit va plonger la planète dans de terribles cauchemars : terrorisme, kamikaze, meurtres, crimes, assassinats, complots. Et toujours ce leitmotiv assourdissant et insupportable parce que ressassé durant des décennies et des décennies : Israël a le droit de se défendre. Qui n’a pas le droit de se défendre ? Qui n’a pas le droit de vivre ? Qui n’a pas droit à la justice et au respect ? Ces questions relèvent purement et simplement de la civilisation humaine.

 

Mais l’Occident n’en est qu’au début de ce cauchemar d’abord régional, puis ensuite rapidement devenu mondial. Ceux pour qui il a été créé un Etat, à la « Carte », par la force et sans aucune concertation avec les voisins directs, se sont irrémédiablement mis à commettre les mêmes crimes, les mêmes punitions collectives, les mêmes assassinats, les mêmes ignominies que ceux dont ils furent eux-mêmes les victimes lors de la seconde guerre mondiale. Souffrances, larmes et douleurs vont, telles des tempêtes soufflant incessamment des collines de Sion, propager la haine, la vengeance et la soif de tuer ; toujours et encore tuer au nom de sa propre survie. Tuer et semer la mort pour survivre, telle est la conduite, aujourd’hui, adoptée par l’Etat d’Israël. Un Etat devenu une véritable machine de guerre, broyant tout sur son passage, y compris femmes, vieillards et enfants. Nous sommes loin de cet Etat refuge qui devait recevoir la diaspora juive et lui garantir une terre promise, un coin paradisiaque, tout en garantissant un espace de liberté et de démocratie dans une région proclamée habitée par des « sauvages et des barbares » (comprenez : les Arabes musulmans). Et paradoxalement, l’endroit le moins sûr pour tout juif serait devenu l’Etat d’Israël. Quel échec cinglant ! Quelle défaite ! Une défaite annoncée. Pour un peuple croyant, et qui plus est le peuple prétendu élu, serait-il donc permis de se construire un bonheur sur le dos d’autrui ? Certes, la réponse est non, selon la morale universelle. Le châtiment divin, voilà la hantise, l’épée de Damoclès que redoutent les Juifs sincères et honnêtes avec leur religion : le judaïsme. Dieu pourrait-il accepter que son « peuple élu » puisse agir ainsi ? Cette question est illégitime.

 

Le silence lâche et complaisant de l’Occident face aux crimes de plus en plus barbares commis par les dirigeants israéliens à l’encontre des Palestiniens s’explique par cette culpabilité liée à la Shoah ; une Shoah dont ils sont pieds et mains liés. Ce silence s’explique aussi par une honte, un embarras, une impuissance. A chaque enfant palestinien tombant sous les balles israéliennes, les Occidentaux prennent conscience de leur responsabilité dans cette tragédie du Proche-Orient. Il eût été préférable pour eux, me semble-t-il, de s’abstenir d’intervenir dans la création d’un Etat devenu plus que problématique, et sûrement à l’origine d’un nationalisme arabe émergeant et qu’il leur faudra, un jour ou l’autre, affronter. Les Occidentaux constatent les dégâts, leurs dégâts, n’osant prendre partie parce qu’ayant au départ légitimé les israéliens et ayant à l’arrivée les Palestiniens qui leur reprochent de leur avoir artificiellement implanté sur leur sol des sionistes utilisant les mêmes méthodes que leurs bourreaux d’hier : les nazis. L’Occident est piégé ; il a été piégé ; il s’est piégé lui-même ! Comment sortira-t-il de ce conflit ? Pas en restant muet comme une carpe, mais en prenant ses responsabilités, c’est-à-dire en priant, y compris par la coercition, les extrémistes des deux côtés de bien vouloir quitter la table des négociations et de soumettre un plan de paix global, y compris sur le cas du statut de Jérusalem : une ville qui doit demeurer une zone neutre et pacifique où cohabiteraient les trois grandes religions monothéistes. Le monde entier est d'accord sur cette hypothèse, sauf Israël.

 

On nous reproche très souvent, à nous qui habitons les banlieues françaises pauvres et qui sommes, nombreux, de culture et de tradition musulmanes, en plus d’être de culture occidentale, de parler sans cesse du conflit israélo-palestinien, d’accuser Israël d’être devenu un Etat criminel et terroriste, et d’occulter les autres crimes commis ici et là à travers la planète. D’abord, nous dénonçons les crimes commis par les dirigeants israéliens à l’encontre des palestiniens parce que nous pensons que ces derniers sont sauvagement opprimés, occupés et victimes d’une tyrannie qui fait honte au peuple hébreu, un peuple légendaire constitué de fidèles croyants. Ensuite, nous sommes autant solidaires avec le peuple palestinien que l’est toute la communauté juive de France avec l’Etat hébreu. Tout cela est de notoriété publique ; pourquoi s’en cacher ? Ce que nous voulons, comme nombre d’hommes et de femmes à travers le monde, c’est qu’une solution de paix politique et pacifique soit enfin trouvée à ce conflit qui menace de manière récurrente la paix dans le monde. Il faut être clair : il n’y aura aucune paix durable dans le monde tant que des innocents palestiniens et israéliens seront sacrifiés au nom d’une idéologie raciste et sectaire : le sionisme.

 

Mais il y a autre chose. En effet, qu’il s’agisse, par exemple, du Tibet, du Darfour, de la Birmanie, des Indiens d’Amérique, et autres, car la liste n’est malheureusement pas exhaustive, ces exemples de dictature locale mettent en conflit une majorité (un Etat) et des minorités. Ces dictatures sont évidemment condamnables dès lors que les droits de l’Homme (droits fondamentaux et universels) seraient bafoués. Mais ces dictatures ne peuvent être comparées avec la crise du Proche-Orient. Pourquoi ? Il y a, me semble-t-il, deux raisons principales. La première est que l’Etat d’Israël est le premier Etat qui a été créé, de manière arbitraire, par le conseil de sécurité : l’ONU. Un conseil de sécurité que M. Georges W. BUSH n’hésitera pas à court-circuiter en déclenchant l’invasion de l’Irak sans l’aval de l’ONU ; pire encore : en désaccord total avec l’ONU. Souvenez-vous, la France avait menacé de brandir son droit de veto par l’intermédiaire du courageux Président de l’époque, monsieur Jacques CHIRAC. La seconde raison, celle-ci majeure, est que le conflit du Proche-Orient a une spécificité particulière. Il est un conflit international, et internationalisé, du fait que tout le monde, tous les pays, principalement les pays riches et puissants, sont mouillés et trempés jusqu’au cou par leur décision de créer l’Etat d’Israël. Et il est bien sûr trop facile de prendre des membres de son entourage, de les placer chez le voisin et de disparaître en croyant avoir ainsi réglé le problème. C’est commettre une erreur grave. Car fuir les problèmes est signe que ces problèmes vous rattraperont tôt ou tard. Et la communauté internationale est constamment rattrapée par le sempiternel conflit du Proche-Orient. Et c’est normal puisque c’est la communauté internationale qui a mis au monde ce bébé, ce joyau de démocratie et de paradis terrestre qu’est l’Etat d’Israël.

 

Alors non ! Vous ne pouvez pas comparer le conflit du Proche-Orient avec n’importe quel autre confit, tout simplement parce que dans l’échelle de grandeur des conflits mondiaux, celui du Moyen-Orient occupe le premier rang ; il obtient largement la médaille d’or. Il est, en effet, une guerre qui a été planifiée par les sionistes, avalisée et entérinée par la communauté internationale en 1948. Dans les drames qui se jouent au Proche-Orient, le monde entier est donc directement concerné et principalement le monde occidental. Et bien évidemment, la preuve est apportée par cette corrélation directe entre la Shoah et ce conflit. La Shoah étant incontestablement mise en première place sur l’échelle des souffrances, comment le conflit du Proche-Orient ne pourrait-il pas être mis en tête sur la lite des conflits dictatoriaux ?

 

D’ailleurs, ces dernières semaines, un ministre israélien n’a-t-il pas de sa bouche fait un trait d’union définitif entre la Shoah et le conflit du Proche-Orient en déclarant impunément : « Les Palestiniens vont connaître leur Shoah ! » Ce Ministre et l’Histoire ne font apparemment pas bon ménage. Ce monsieur aurait-il, en effet, déjà oublié (parce que nous nous n’avons pas le droit d’oublier la Shoah sous peine d’être hors-la-loi) que ce sont les Allemands, se réclamant de la race aryenne, sous le IIIe Reich, qui exterminèrent les Juifs d’ Europe ? Qu’est-ce que les Palestiniens ont avoir avec la Shoah si ce n’est que la création d’un Etat d’Israël sur leurs terres est une des conséquences directes de l’holocauste ?

 

« Le fou n’est pas celui qui a perdu la raison ; le fou est celui qui a toute sa raison et qui agit sans sa raison ». 

 

 

Touhami Moualek

Auteur de : La Déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions OSMONDES


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par Moualek Touhami
Dimanche 16 mars 2008

Nicolas Sarkozy en visite, très discrète, à Villepinte pendant la campagne présidentielle



Article écrit  le 25 juillet 2007

Elections municipales : 1er avertissement sans frais.

 

Concernant la superproduction, avec le Président Nicolas Sarkozy comme metteur en scène, il ne manquait plus que David Ginola. En effet, celui-ci aurait dû être de la partie aussi. Lui qui avait tiré un SCUD vers les Bulgares, qui nous le réexpédièrent illico presto exploser dans les cages françaises, privant la France d'une coupe du monde de football en Italie (me semble-t-il). N'est-ce pas M. Gérard Houiller ? Il est des souvenirs qui font grincer des dents. Salut David, et chapeau bas pour vos talents de footballeur, sans rancune. Heureusement, nous eûmes par la suite des hommes de la trempe d’Aymé Jacquet, de Deschamps, de Zidane, de Thuram, de Blanc, de  de Sailly, et pardon pour ceux que je n’ai pas cités mais qui m’ont tous fait pleurer de joie, un certain 12 juillet 1998. Un des plus beaux souvenirs des années 90.

 

Je ne pense pas que la banlieue ait trouvé le « Fillon » avec le premier ministre actuel. On s’occupe des infirmières bulgares (je n’ai rien contre), on s’occupe de M. Polnareff (resté tout de même 30 ans en exil aux USA pour cause de bouderie !), on s’occupe du tour de France, on anime les garden-partys, on s’occupe de Bruxelles, on s’occupe du Maghreb (j’en suis natif), on s’occupe de l’Afrique (tant mieux), on s’occupe du Liban (normal), on s’occupe du Darfour (urgent), on investit les cantines etc. ; en fait on s’occupe beaucoup de l’extérieur, mais que fait-on à l’intérieur de la France ? Cette dernière ne servirait-elle plus que de vache à lait pour les déplacements les plus extravagants, aux frais de la princesse ? Je crains que la rentrée ne soit difficile et douloureuse : service minimum dans les transports en commun et dans l’éducation nationale qui risquent de nous conduire à des conflits longs et durs.

 

Mesdames et Messieurs les vacanciers, lorsque vous reviendrez à la réalité, même le teint halé, dès la rentrée de septembre, trouvant dans vos boîtes aux lettres les impôts locaux, les impôts fonciers, la redevance télé, le tiers provisionnel, le loyer ou les échéanciers de crédits, les assurances auto, scolaires et maison, que vous constaterez une nouvelle hausse du carburant, de l’eau, du gaz et de l’électricité, de la carte orange, probablement aussi celle de la baguette, et que vous aurez à faire face aux rituelles dépenses liées à la sempiternelle rentrée scolaire, alors peut-être penserez-vous que le cinéma n’est que virtuel et qu’il faut, tôt ou tard, redescendre sur terre, revenir au réel. L’atterrissage risque d’être particulièrement houleux. Je crois bien que nous dansons sur un volcan. L’éruption est pour bientôt, des signes avant-coureurs en témoignent, il suffit d’écouter et d’observer ce qui se passe autour de soi. Mais il est vrai, qu’en haut de la pyramide, il est difficile pour les grands décideurs penseurs de se baisser pour regarder en bas. Ils risqueraient d’avoir des courbatures, eux qui ne daignent même pas répondre aux questions posées par les citoyens.
 

Et puisque je m’exprime à partir d’un blog de la banlieue, que se passe-t-il, justement, pour les banlieues ? Celles-ci ont, d’après des spécialistes de renommée « télé visuellement » incontestée (et incontestable pour l’intelligentsia en place) donné beaucoup de leurs voix à M. Nicolas Sarkozy. Alors, Monsieur le Président de la République française, que faites-vous pour les banlieues françaises ? Les passer aux jets d’eau ? Repeindre en bleu les façades des cités délabrées ? Construire des terrains de sports grillagés ? Proclamer de nouveaux lycées et collèges en ZEP ? Attaquer en justice des jeunes qui se révoltent contre l’injustice par le rap, parce qu’ils n’ont plus que la musique et les mots pour exprimer leur mal être ? Tout cela est vraiment peu. Un exemple : plutôt que de s’acharner sur un service minimum, certes nécessaire, je le conçois, il faudrait plutôt donner les moyens à la SNCF, à la Régie Autonome des transports d’investir dans de nouveaux matériels, de rénover et d’entretenir correctement les infrastructures et les matériels roulants. Vous savez qu’entre les banlieues et la capitale, pour n’évoquer que l’Île-de-France, les transports en commun représentent le seul cordon ombilical vital économique et social. Il est scandaleux de constater qu’il existe, dans notre République, des lignes de transport mieux équipées que d’autres. Celles de la zone Est de Paris fait partie des plus défavorisées. La sélection par l’argent est vraiment partout. Devrons-nous vivre avec cette résignation : qu’il y ait des citoyens à part entière et des citoyens de seconde zone ? Lors de votre campagne présidentielle, vous prétendiez le contraire.

 

Depuis l’élection de Monsieur Nicolas Sarkozy, j’ai l’impression qu’il y a eu une accélération de la fracture sociale, en peu de temps. L’élite s’est emparée des radios, des télévisions, des journaux, prend d’assaut les aéroports, les ports et les marinas. Jamais l’argent n’a autant montré le bout de son nez, rassuré par une droite qui tient bon le cap bien à droite. Il y a un vent de panique. La confusion entre gauche et droite est telle qu’elle donnerait le tournis aux plus fervents gauchistes et droitistes. Ne comptent plus que les caméras, les projecteurs, les plateaux de télévision. Les magazines consacrés aux people ne se sont jamais autant régalés. On se croirait en plein tournage d’un film pantagruélique. Je comprends mieux maintenant pourquoi des hommes politiques de gauche ont succombé à la tentation (tel Jack Lang) et ont rejoint le plateau de tournage, attirés par les sunlights. Les pauvres ! S’imaginent-ils qu’ils auront les rôles principaux ? De simples figurants, voilà les rôles que leur donnera le Président Nicolas Sarkozy. Un homme qui assurément n’aime pas qu’on lui fasse de l’ombre. Une preuve ? La position inconfortable de l’actuel premier ministre François Fillon. Ce dernier devrait se poser des questions sur sa famille politique qui, de jour en jour, s’agrandit de nouveaux membres venus d’ailleurs. Les conservateurs UMP me semblent étrangement muets. Attendent-ils le premier faux-pas pour lancer leurs boulets rouges ? Possible.
 

 

Touhami Moualek

Auteur de : La déchirure - Algérie de mon père, France de mon enfance
Editions Osmondes

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